L'histoire de notre association

Quelques dates et évènements clés issus du mémoire de Régine Ramsamy Véléchy, qui permettront de mieux cerner l'histoire de notre association départementale. 


1919-1929

En France métropolitaine :

C'est au lendemain de la Première Guerre mondiale que des instituteurs créent dans leur classe, sous l'impulsion de Barthélémy Profit. des petites mutuelles appelées « coopératives scolaires dans le but d'améliorer les conditions de travail des élèves. En 1928, l'inspecteur primaire Emite Bugnon, a l'idée de regrouper -ces coopératives dans un Office Central de la Coopérative Scolaire qui devient définitivement l'Office Central de la Coopération à I'Ecole le 24 novembre 1929. Avec Célestin Freinet. les coopératives deviennent très vite un outil pédagogique. Ses expériences en matière d'éducation nouvelle l'amènent à penser que la coopération scolaire fait partie de « l’Ecole Moderne », où l'enfant est acteur de son apprentissage.

A La Réunion : 

La situation économique et sociale ne permet pas encore l'entreprise des expériences métropolitaines. Les besoins matériels de l'enseignement priment sur les considérations pédagogiques. 

1951

La création d'une section départementale de I'OCCE ne se fait que le 13 décembre 1951, sous l'initiative du vice-recteur Emile Callot. La situation de l'île est alors catastrophique et ce malgré les premiers effets de la départementalisation. Les services de l'Instruction Publique sont très insuffisants et les conditions d'enseignement sont effroyables. La section doit faire face à de nombreux obstacles, D'abord, elle est confrontée aux problèmes de communication à l'intérieur de l'île car le réseau routier est très déficient et ne lui permet pas d'entrer en contact avec toutes les écoles. De plus, les 13000 kilomètres qui la séparent de la Métropole entravent ses relations avec l'Office Central et les coopératives métropolitaines. En outre, les ressources de la section sont très maigres. Elles se composent pour l'essentiel, des cotisations des élèves et des enseignants et des subventions accordées par le Conseil Général. Néanmoins, la section départementale développe son action tout en tenant compte des besoins de l'enseignement. Dès 1951, elle met au service des écoles son esprit de solidarité et en fait une priorité pendant une quinzaine d'années, contribuant à pallier quelque peu le manque de matériel pédagogique. Par l'organisation de concours, elle permet aux écoles, souvent de vieilles baraques en bois, d'améliorer le cadre de vie des élèves en le rendant plus attrayant: Les enfants les plus nécessiteux profitent de ses colonies de vacances, véritables moments d’épanouissement.

1952-1975

Pendant plusieurs années, l'OCCE œuvre dans un but social et solidaire mettant de côte le rôle pédagogique de son action. Certains membres du bureau s'impliquent totalement dans la vie de la section, notamment le vice-recteur Padovani et le secrétaire Serge Laroche, qui visitent régulièrement les écoles lors de l'organisation des concours. Quelques écoles, comme par exemple l'École Nouvelle du Tévelave, commencent à pratiquer la pédagogie Freinet, qui s'inscrit dans le prolongement de la pédagogie coopérative. Ces initiatives sont encouragées par la section départementale. Pourtant, dans de nombreuses écoles, la coopérative n'est pas gérée comme il convient ; elle se substitue à la municipalité et l'argent est utilisé à tort. Dans la majorité des établissements scolaires. il n'existe pas d'activités réellement coopératives.

A partir de 1975

La section traverse une période de crise. Elle voit l'entrée dans son conseil d'administration de plusieurs militants de la pédagogie coopérative qui s'insurgent contre la tutelle administrative et revendiquent l'autonomie de la section. Ce but est atteint progressivement et est facilité par la disparition en 1979, du secrétaire statutaire, chef du services des œuvres scolaires du vice-rectorat. 

1979

Le ministre de l’éducation nationale accorde des détachements d’instituteurs pour les œuvres scolaires. Est nommée secrétaire générale de la section départementale de la Réunion Marie Claude SOUBOU.

1980

Du 8 au 18 avril, la venue de l’inspecteur Général Raymond Toraille, président de l’OCCE cautionne l’idée d’autonomie et réoriente l’action de la section dans un but davantage pédagogique. Les colonies de vacances disparaissent et la section se concentre sur l’aide à apporter aux enseignants. Elle s'attache à développer les activités coopératives et multiplie les stages de formation pour les éducateurs.

Lorsque l'OCCE décide de revenir à son but initial, c'est-à-dire participer à l'éducation des enfants, les écoles ne suivent pas. Pourtant la coopération à l'école constitue véritablement une méthode active qui s'applique parfaitement aux enfants. Mais sa difficulté rebute les enseignants. Il faut du temps et beaucoup de persévérance pour atteindre l'objectif fixé. Cette pédagogie impose des contraintes et l'enseignant doit avoir une confiance sûre en lui-même et en ses élèves pour que le climat soit propice à la mise en place de cette méthode, qui dans ce seul cas, ne sera pas perçu comme une perte de temps, La pédagogie coopérative demande ainsi, un investissement total de la part des élèves et surtout des enseignants. Or, ces derniers ne sont pas prêts à fournir ces efforts supplémentaires et préfèrent se cantonner aux méthodes traditionnelles, plus rassurantes.

En outre, l'OCCE ne reçoit aucune aide de la part de l'Administration. La pédagogie concerne les IDEN (inspecteur départemental de l’éducation nationale) et il est probable que ces derniers n’apprécient guère l'intrusion d'une association, il faut attendre l’institutionnalisation de la pédagogie différenciée par L. Jospin en 1986 pour que l'OCCE soit considéré comme un partenaire de l'éducation. 

La section multiplie alors ses actions pédagogiques et ses efforts sont récompensés par un regain d'intérêt des éducateurs pour sa pédagogie au cours de ces dernières années. La coopération s'exerce dans de nombreuses classes et rassemble de plus en plus de militants. Ainsi, la coopération à l'école ne serait pas une utopie. Elle peut amener l'enfant à s'épanouir pleinement et donc le préparer le mieux possible à sa vie d'adulte responsable.

1988

A Tours, l'Office Central de la Coopération à l'Ecole change de statuts et devient une Fédération. Les 101 associations départementales deviennent désormais des entités juridiques.

1989

Le 27 mars 1989, a lieu l assemblée générale constitutive de l' association au Port. L’ OCCE de la Réunion devient alors une association à part entière, affiliée à la fédération OCCE.